Qui je suis ?

Bouges pas, je t'explique !


Né en 1989 dans la région axonaise, je me découvre très tôt un imaginaire prolifique, alimenté par les grands classiques du cinéma, les films d’animation, les Legos et surtout la bande dessinée. Au début, rien de foufou, je reproduis un peu d’Astérix, (vite fait) du Tintin, mais surtout du Donald Duck et du Picsou (le style de Keno Don Rosa et son projet de saga autour de la Jeunesse de Picsou – d’après les éléments de Carl Barks – m’impressionne, m’éclate et m’inspire littéralement).

Je commence déjà à me dire que j’aimerais en faire mon métier : dessinateur de bande dessinée. Le rêve !


À l’adolescence, les Legos sont présents plus que jamais et alimentent un univers avec une histoire toute tracée à base de bagnoles qui se transforme (les inspirations du moment étaient Retour vers le futur, Taxi et la série Viper). Je tente de l’expulser par le dessin mais ce n’est pas facile, j’ai de grandes images en tête mais pas le niveau graphique nécessaire pour les représenter. Je commence donc à écrire mes idées, un moyen plus rapide pour retranscrire tous ces personnages, ces enjeux machiavéliques enfantins et ces scènes d’action qui me trottent en permanence dans la tête. Cela donne naissance à mes premiers scénarios.

Bientôt, la Fantasy vient s’en mêler et je ne te raconte pas la décharge que j’ai prise. C’est un véritable feu d’artifice qui se déclenche dans ma tête ! Je découvre alors de nouvelles terres d’inspirations et de nouveaux personnages à idolâtrer.

 

Par la suite, d’autres idées de scénarios, de projets littéraires, de romans graphiques, ou encore de BD verront le jour… je te l’ai dit, j’ai un imaginaire débordant. Parfois, un simple détail, un angle de toiture particulier, un sapin solitaire sur l’horizon, un rayon de soleil peu commun, une phrase entendue, une situation burlesque au supermarché… un rien déclenche une idée, met le feu aux poudres et fait surgir mon alter ego !   

Passé le collège, je veux être dessinateur de bande dessinée. C’est une certitude ! Je ne sais pas trop par où commencer, mais l’infographie me semble un bon moyen pour débuter. En plus, une section vient d’ouvrir dans une école toute proche, ça m’évite d’aller à Perpète-les-Oies. Dans le fond, j’aime mon p’tit coin, je suis proche des gens qui m’entoure et j’ai un peu la trouille d’aller voir ce qu’il se passe ailleurs. Dans ma petite tête d'Axonais, je n’en vois pas trop l’intérêt.

Au bout de 6 ans d’études, j’obtiens un Bac +2 en Arts Graphiques ! Mais j’arrête après mon premier CDD… Ce milieu m’a appris quelques ficelles qui me servent encore aujourd'hui, mais il m’a aussi montré des aspects qui ne me correspondent pas du tout. Au final, c'est très technique, épuisant moralement certaines fois, et pas très ouvert côté illustration.

Sans compter que je ne fais toujours pas de bandes dessinées…


Entre-temps, mon pote Toto me fait découvrir Spawn.

Enchaînement de feux d’artifices, presque une explosion nucléaire. Je découvre le personnage sous le crayon de Jay Anacleto, sur le hors-série Spawn Godslayer, le Tueur de Dieux. Pour essayer de te donner une idée, le mec est un dentiste qui s’est mis au dessin. Il bosse principalement au crayon et il a un souci du détail et du corps en semi-réaliste qui m’a littéralement transcendé ! J’apprends alors que Spawn est publié en fascicule tous les deux mois et je me rue directement en kiosque. Je tombe sur le numéro 18, tout juste sorti du four, qui met cette fois-ci en scène le Spawn Gunslinger juste après la Guerre de Sécession.

Je ne t’ai pas dit, mais je suis un grand fan de western spaghetti. J’adore Clint Eastwood et Charles Bronson, mais celui que je mets tout en haut c’est Terence Hill !

Le jeu de dessins entre Bing Cansino et Geirrod Van Dyke pour mettre en scène toute la violence du Gunslinger me font complètement halluciner !

Tout l’univers de Todd MacFarlane (créateur de Spawn) me fait découvrir une facette dark de la BD que je ne connaissais pas. La bande dessinée, ce n’est pas seulement des planches en gaufrier typique du franco-belge ; ou des planches aux dessins vifs, débordants et bourrés d’action, façon comics ou manga ; la bande dessinée ça peut aussi être une œuvre d’art à part entière, une explosion des sens si on lui apporte une technique graphique qui colle à l’histoire, les bons tons de couleurs et les bonnes ambiances.

 

J’essaie donc de m’y connecter sérieusement, je vise des écoles spécialisées, j’essaie de toucher le graal, mais en fin de compte ce n’est pas donné et les débouchés, j’te raconte pas.

Est-ce que mon rêve s’effondre ?

Pas du tout. Je suis un grand optimiste, je sais qu’un jour j’y arriverais. Et puis, les rouages de la machine qui compose mon univers sont lancés à pleine vapeur depuis bien trop longtemps, ils se suffisent à eux seuls pour me pousser en avant. Je me dis régulièrement que même si mes productions ne sortent jamais de ma piaule, au moins j’aurais eu la satisfaction de les avoir créées, ne serait-ce que pour moi.

Je commence par prendre conscience des techniques que je maîtrise déjà. Jusque là, j'ai surtout appris comme un autodidacte, en regardant faire les autres et, bien sûr, en expérimentant par moi-même. J’avais testé de me greffer au numérique pendant mes années de lycée, mais je considère la technique trop « froide », c’est en traditionnelle que je prends vraiment mon pied et ça me permet de toucher à plus de choses.

Décidément, en dessin comme en écriture, je n’aime pas rester enfermé dans un genre.

Je m’aperçois également que j’aime de moins en moins la bd "industrielle". Comme pour la bière indus' : je trouve ça fade, insipide, ça manque de goût, de saveur et d'histoire. Il me faut de l'artisanal ! J’ai besoin que ça me raconte quelque chose au-delà du simple scénario apporté. J'ai besoin de voir des expérimentations artistiques où l'on ressent la sueur de l'artiste, des one-shots graphiques qui ont demandés de la recherche et des années de conception, plutôt que des 48 pages standards, informatisés, expédiés, qui s'étendent jusqu'au tome 52 et qui s'autodétruise à petit feu. Je recherche des expériences visuelles qui me titillent les sens et me scotchent littéralement l'esprit et la rétine. Bref, je suis en quête de nouveaux feux d’artifices, et je m'imagine en créer moi aussi !

Je découvre ainsi que je me reconnais plus au travers de ces artistes indépendants qui ne suivent pas les codes et les sentiers battus et qui sont pour beaucoup à l’origine de ce côté « underground » que possède la BD.

En fait, il me manque juste un petit coup de pouce…

 

Finalement, je galère et c’est le début d’un périple de plusieurs années. Je me cherche et en même temps, j’ai besoin de me salir les pattes. Je fais des boulots saisonniers, je commence à voir du pays, j’essaie plusieurs jobs, mais rien ne me va et j’ai toujours cette désagréable sensation de tourner le dos à ma véritable vocation.

Un jour, je rencontre Virgile Antoine en dédicace. Son style me parle et il bosse essentiellement au stylo. J’accroche ! On fait connaissance et il me vend la Lanterne à BD, une association saint-quentinoise qui regroupe une communauté d’auteurs et de dessinateurs amateurs. En les rejoignant, je sens qu’on m’offre un cheval et que je mets enfin le pied à l’étrier. Je vais pouvoir montrer ce que je sais faire, même à un tout petit niveau.

Le voilà, le petit coup de pouce que j’attendais !

 

Côté alimentaire, j’atterris en usine, ce qui règle la question des finances et le travail en relais me permet de bosser la partie artistique sur mes périodes de repos. Grâce à la Lanterne, je réalise des planches sur des thèmes choisis pour des collectifs qui sortent annuellement. Je participe à des salons et des festivals du livre, je rencontre des auteurs, des gens du milieu et je m’imprègne progressivement du monde du 9ème art.


En 2016, nouveau choc visuel. Lors du festival "On a marché sur la Bulle" d'Amiens, je fais la connaissance d'un maître : Josepe, auteur et artiste indépendant, qui me dévoile une approche de la BD qui me provoque un véritable tsunami. Dans ses œuvres, où se mêlent et s'affrontent l'encre couleur et l'encre de chine, je retrouve les décors brumeux et les personnages emblématique de mon imaginaire. Son expérience de reprographe fait qu'il apporte également un soin graphique tout particulier à l'objet final, que ce soit pour un livre en mixant papier vernis et mat, ou en tentant d'imprimer des illustrations entières sur des plaques d'aluminium brossées. Tout cela confère un charme brutale et pourtant terriblement magnifique auquel je suis devenu aussitôt sensible. Chez lui, l'œuvre est pensé du début à la fin. 

Par la suite, son travail extraordinaire sur la trilogie Les Chroniques du Gévaudan ; véritable romans graphiques inspiré par l'histoire de la Bête et en collaboration avec son ami Christophe Chaumette ; ne fait qu'agrandir le sentiment qu'il est l'un des mentors spirituels qui m'ont le plus marqués et qui m'inspireront tout au long de ma vie. 

 

En 2017, je franchis une nouvelle étape en auto-éditant mon premier récit intitulé Dominus – L’Homme du Donjon. Un conte fantastique à cheval entre le Fantôme de l’Opéra et la Machine à explorer le Temps. L’histoire s’inspire directement du Donjon de Septmont, un monument historique situé dans la région Soissonnaise. S’agissant d’un livre test, il est imprimé en tirage limité et numéroté à 100 exemplaires.

 

En 2021, j’aide mon ami Fabien Thuillier à la création de Metabulle, une nouvelle association cette fois-ci basée dans l’Oise. Cette dernière nous permet de mettre en avant nos expériences graphiques, une sorte de recherche métaphysique des sens et de l’art, si l’on peut dire. Elle est plus axée sur des valeurs qui nous sont propres et nous permet d’apporter plus librement cet esprit indépendant, rock n’roll et parfois un poil lubrique qui nous connecte. Dans sa globalité, l’association a également pour but de soutenir les artistes indépendants et la culture littéraire et artistique en Picardie, par le biais d’ateliers ou de collectifs réalisés à plusieurs mains.

 

Pendant environ 8 ans, je me suis ainsi essayé à différentes choses, acquérant progressivement les casquettes d’auteur, d’illustrateur, de dessinateur de bandes dessinées et de vice-président de Metabulle. J’ai toujours été poussé en avant par les batailles que je menais intérieurement, tiraillé entre la nécessité du job alimentaire éprouvant et la passion de créer pour libérer un monde imaginaire sans cesse foisonnant.


Un jour, exaspéré d’être limité en temps et en énergie créatrice, j’ai senti que j’arrivais au bout de mon périple.

Après de longues réflexions et remises en question, je me suis tourné vers Virginie, ma femme, pour m’aider à peser le pour et le contre. Avec son appuie et son soutien, nous avons décidé qu’il était temps que je stoppe mon taff en usine pour me consacrer pleinement à l’illustration et voir de quoi j’étais capable. Cela faisait plusieurs années maintenant qu’elle partageait ma vie et qu’elle m’accompagnait sur les festivals et conventions auxquelles je participais. Témoin le plus proche de mon évolution, de l’expérience et du réseau de connaissance que j’ai acquis, elle me poussa donc à franchir le pas. Mais au final, c’est ensemble que nous fîmes le grand saut, car à présent, elle aussi fait partie de cet univers.

 

En 2021 également, les Ouloulous commencent à voir le jour. Inspirés par ma relation avec mes collègues d'usine devenus des amis proches, ces drôles d'oiseaux farceurs et caractériels deviennent progressivement un outil qui me permet d'aborder une nouvelle facette et d'expérimenter complètement le lâcher prise.  


En février 2022, j’ai ouvert mon entreprise Thieffine Art's où j'officie en tant qu’illustrateur sur multisupports. Qui dit multisupport, dit multi technique, ce qui me permet de proposer un large choix de créations différentes et variées et d’offrir une sorte de multiservice autour du dessin.

 

Enfin, côté créations personnelles et récits imaginaires, tout n’est plus qu’une question de temps ! 😉